Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°8
Juin 2010

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L'entrepreneuriat ou comment trouver les clefs de l'innovation et de la réussite

Par définition, l’entrepreneuriat est l’action de créer de la richesse et/ou de l’emploi par la création ou la reprise d’une entreprise. Le grand économiste autrichien Joseph Schumpeter développait dans sa Thèse de l’évolution économique en 1913 que l’entrepreneur était celui qui arrivait à transformer une idée ou une invention en innovation réussie. Il n’hésitait pas à définir les entrepreneurs comme de véritables aventuriers ayant le courage de sortir des sentiers battus pour proposer quelque chose de nouveau et créer de la valeur. L’aspect central basé sur l’innovation confère alors à celui qui ose prendre le risque de se lancer dans l’aventure un avantage comparatif certain qui décuple les profits et permet une croissance extrêmement rapide de l’activité. En revanche, l’entrepreneur s’expose au risque de voir sa tentative échouer et de devoir repartir de zéro. Il constitue donc une donnée fondamentale dans le système économique car c’est par l’entrepreneuriat que les idées se renouvellent et que de nouvelles structures remplacent les anciennes.

On peut alors élargir le statut d’entrepreneur et tenter de mieux comprendre le phénomène en distinguant 3 profils (Source Advancia) :

En France, le nombre d’entreprises créées dans les secteurs marchands hors activité agricole est en constante augmentation depuis 2003 alternant les très fortes progressions (+12,5% en 2006 et 2007) et les périodes moins fastes correspondant à la morosité ambiante (+1.8% en 2008 - Statistiques INSEE). Les trois secteurs moteurs de cette croissance sont les services aux entreprises, le commerce et le secteur de l’éducation-santé-action sociale. Il est également à noter qu’en 2008, 87% des entreprises créées ne recensent pas de salariés. Selon une étude de l’INSEE en moyenne 50% des entreprises sont pérennes, cinq ans après leur création. Depuis quelques années, le gouvernement semble avoir pris la direction d’encourager fortement les initiatives entrepreneuriales en créant Oséo qui est un organisme public à caractère industriel et commercial dont le but est de soutenir la croissance et l’innovation des PME. Plus précisément, son rôle est de garantir les prêts bancaires proposés à ces entreprises ainsi que de financer plusieurs milliers de projets par an. En 2009, Oséo est intervenu auprès de 100 000 entreprises dont 80% d’opérations de garanties bancaires pour un total de 8 milliards d’euros et a participé au financement direct des 20 000 entreprises restantes pour un montant total de 2 milliards d’euros sous la forme de prêts à moyen-long terme, d’ouvertures de lignes de crédit ou de soutien direct à l’innovation par subventions.

En 2009, la France a atteint un niveau record en termes de créations d’entreprises avec 580 000 créations, soit une augmentation de 75% par rapport à 2008 (Source INSEE). Cette explosion s’explique par l’instauration par le gouvernement du statut d’auto-entrepreneur que plus de la moitié des créateurs d’entreprises de 2009 ont adopté, la quasi-totalité sans salariés. En dehors de ce régime, le secteur de l’industrie est le seul qui ne voit pas le nombre de créations d’entreprises diminuer.

Si ce nouveau statut d’auto-entrepreneur connaît un tel succès, cela tient à de nombreux avantages qu’il confère notamment en termes de fiscalité et de simplification des démarches. En effet, l’auto-entrepreneur n’est pas tenu de s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés et est exonéré des frais de chambre de commerce et d’industrie. Pour s’enregistrer gratuitement, il suffit de remplir et d’envoyer une documentation par Internet accompagnée d’une photocopie de sa pièce d’identité au Centre de formalités des entreprises. La démarche est la même pour suspendre l’activité. Ce statut permet donc à chaque citoyen de commencer une activité commerciale à son compte en parallèle de son activité actuelle, qu’il soit salarié, chômeur, retraité ou bien étudiant. Ce statut est également accessible aux fonctionnaires avec l’accord de leur administration et aux professions libérales non-réglementées. Sous quelques conditions, il est également possible de faire transiter vers ce régime une entreprise individuelle déjà créée.

Les avantages fiscaux sont la mesure phare de cette nouvelle réglementation et incitent les citoyens à se lancer dans la création d’entreprise. L’auto-entrepreneur ne paie des impôts que s’il perçoit un chiffre d’affaires. Il peut alors choisir entre le régime fiscal de la micro-entreprise ou le prélèvement social et fiscal libératoire forfaitaire qui oscille entre 13% et 23.5% selon l’activité exercée. Toutefois, ce régime est applicable à condition de respecter un plafond de chiffre d’affaire de 80 300 euros par an pour une activité commerciale et 32 100 euros pour une activité de service.

Après avoir envisagé en mars 2010 de limiter ce statut dans le temps pour inciter les auto-entrepreneurs à migrer vers le statut classique d’entreprise individuelle, le Sénat a renoncé à cette mesure le 9 avril 2010 afin de continuer à encourager la création d’entreprise en France.

Toutes les informations sur le statut d'auto-entrepreneur...
Visitez le site de la Fédération française des auto-entrepreneurs...

Fabien Giausseran

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

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