Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n° 40
mai 2013

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Il y a 40 ans ....

La diversité, un enjeu sociétal, par Florence Darmon, présidente de la commission Diversité

Directeur général de l'Ecole spéciale des travaux publics (ESTP)

Ancienne élève de l’Ecole Polytechnique (X 83), ingénieur du corps des Ponts et Chaussées (ENPC 88) et ancien auditeur IHEDN, Florence Darmon a débuté sa carrière à la Direction départementale de l'équipement des Hauts-de-Seine, avant de devenir en 1993 chef du bureau des opérations urbaines au ministère de l'Equipement.

Elle a également travaillé pour la Société des autoroutes et du tunnel du Mont Blanc, pour Cofiroute et Nexity. De 2006 à 2008, elle est directrice du développement des grandes affaires de Bouygues Immobilier. Elle prend en 2008 la direction de l’ESTP.

Officier de réserve de l’Armée de Terre, grade de lieutenant-colonel
Membre du bureau de l’Association des Ingénieurs des Ponts et Chaussées (2003-2008)
  Il y a 40 ans......                        « Marraine » dans le cadre de la fondation Francis Bouygues
                                                    Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur et dans l'Ordre national du Mérite

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LA DIVERSITE, UN ENJEU SOCIETAL

La Conférence des grandes écoles est née il y a quarante ans, alors que l’école elle-même subissait une évolution majeure : elle se rendait progressivement accessible au plus grand nombre sous une apparente uniformité apportée par la loi Haby avec la mise en place du collège unique. S’en est suivie à partir de 1985 la massification de l’accès au lycée, permettant d’atteindre alors en France une sorte d’égalité d’accès formelle de l’ensemble des jeunes français à un système éducatif universel.

Si elle s’est réjouie de cette massification de l’accès à l’éducation, la Conférence des grandes écoles en a également pointé les limites en constatant que tous les publics n’y réussissent pas de la même façon. Les déterminismes sociaux et sociétaux jouent fortement dans la réussite scolaire avec sensiblement une mention d’écart au baccalauréat entre les lycéens boursiers et ceux qui ne le sont pas. Les choix d’études supérieures s’en trouvent affectés, d’autant que des phénomènes d’autocensure empêchent également trop de jeunes de milieu populaire d’oser se lancer dans des études supérieures réputées difficiles. Ces phénomènes conduisent à une trop faible représentation des enfants de catégories socioprofessionnelles défavorisées dans les études de niveau master, à l’université comme dans les grandes écoles.

Ces phénomènes d’autocensure se retrouvent également, pour d’autres raisons, au niveau des jeunes filles et des étudiants en situation de handicap.

C’est pour lutter contre ces inégalités, pour permettre à chaque jeune, quel que soit son milieu d’origine, son handicap ou son genre, d’oser et de réussir des études supérieures, que la Conférence des grandes écoles se mobilise sur 3 thématiques liées à la Diversité.

Plus particulièrement en matière d’ouverture sociale (groupe animé par Chantal Dardelet, ESSEC)
C’est pour démocratiser leur accès que les grandes écoles ont progressivement développé une politique volontariste d’ouverture sociale et mis en œuvre depuis une dizaine d’années des dispositifs d’égalité des chances. La question est complexe et très vite la Conférence des grandes écoles choisit d’intervenir sur quatre leviers en parallèle :


Ainsi, depuis dix ans, la Conférence des grandes écoles s’attache, avec son groupe de Ouverture sociale (GOS), à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’école française : celle de la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur y compris ses filières sélectives. Avec l’appui des pouvoirs publics, qui ont mis en place les cordées de la réussite en 2008, des avancées importantes ont été menées permettant d’atteindre globalement 30 % de boursiers dans nos établissements, avec une montée significative des jeunes de milieu populaire dans les écoles les plus sélectives.

De même, en matière de Handicap (groupe animé par Olivier Pontreau, ENAC), par-delà l’exigence d’ouverture à la diversité, il s’agit pour les grandes écoles de répondre à la demande des entreprises. Celles-ci, depuis la loi du 11 février 2005, sont soumises à un quota de 6 % de salariés en situation de handicap. Faute de formation adéquate, le marché de l’emploi actuel ne leur permet pas de satisfaire cet objectif.

Le handicap est un sujet par nature très technique. Une des plus grandes difficultés est l’extraordinaire multiplicité des handicaps. Les réalités sont extrêmement diverses et dépassent largement la seule question de l’accessibilité. Afin de mettre en commun le savoir-faire acquis, le réseau des référents Handicap s’est constitué au sein de la Conférence des grandes écoles. Il compte à ce jour 150 membres et se réunit six fois par an.

Les grandes écoles œuvrent à sensibiliser tous leurs étudiants au handicap. De nombreuses journées de découverte sont montées. Par ailleurs, des programmes de tutorat sont proposés pour les lycéens et les collégiens en situation de handicap. Animés par les étudiants des écoles, ils aident à lutter contre l’autocensure. Le travail se fait également en aval des écoles, dans le domaine de l’insertion. Le secteur bénéficie aujourd’hui de l’implication de nombreuses entreprises et associations.
Enfin, de plus en plus de grandes écoles deviennent handi-accueillantes et proposent des équipements particuliers pour rendre leurs formations supérieures accessibles aux malentendants, aux malvoyants ou encore aux myopathes.

Enfin, en matière d’Egalité Hommes-Femmes (groupe animé par Marie-Sophie Pawlak, ESSEC), la CGE a inscrit cette thématique dans ses objectifs prioritaires et a créé à ce titre une commission dédiée dès 2005, année où Nicole Ameline, alors ministre chargée de l’Egalité professionnelle et de la Parité, créait le label Egalité pour les entreprises engageant des actions. Cette même année la CGE signait une première convention avec ce ministère, prônant ainsi une politique égalitaire incitatrice vis-à-vis de ses écoles membres.

La création de cette commission a permis la nomination par les directeurs et directrices d’environ 120 référent-e-s au sein des grandes écoles, qui ont pu échanger des bonnes pratiques ou témoigner d’événements utiles à la cause égalitaire.

Depuis 8 ans, les politiques égalitaires se sont largement développées, que ce soit dans le monde économique, dans la sphère publique ou politique, et le champ de l’égalité hommes- femmes a pris beaucoup d’ampleur.

Ainsi, l’intérêt des entreprises pour les jeunes diplôméEs des grandes écoles a toujours été très prégnant, ces entreprises affichant des objectifs de féminisation de leurs effectifs, souvent encore trop masculins, notamment dans l’industrie. Cet objectif est partagé par les écoles d’ingénieurs, qui peinent encore à recruter des étudiantEs (leurs effectifs moyens féminins stagnent autour de 25 %), tandis que les écoles de management en revanche affichent une quasi parité.

Le groupe a souhaité formaliser à travers une Charte, les devoirs et les actions possibles des grandes écoles en termes d’égalité hommes-femmes, tant à l’encontre des étudiants et étudiantes que de leurs personnels. Cette charte, signée le 28 janvier dernier par les ministres des Droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, et de l’enseignement et de la recherche, Geneviève Fioraso, ainsi que par Pierre Tapie et Florence Darmon, pour la CGE, a été une étape importante dans l’engagement des grandes écoles pour l’égalité hommes-femmes. La charte précise les engagements des établissements et notamment la mise en œuvre opérationnelle de l’égalité H/F, qui s’inscrit désormais dans la stratégie des écoles membres. Les référents Egalité, nommés par la direction des établissements, seront en charge de l’application et la coordination des actions prévues par la charte.

C’est ainsi que 3 domaines d’actions ont été identifiés :

  1. La sensibilisation de tous-tes les étudiant-e-s et du personnel à l’égalité hommes-femmes
  2. La mise en œuvre de l’égalité hommes-femmes au sein des établissements tant parmi les collaborateurs que les étudiants, avec suivi d’indicateurs sexués.
  3. La sensibilisation et l’information des jeunes filles, en amont, au moment de leur orientation, sur les formations des grandes écoles, notamment des écoles d’ingénieurs. D’une manière plus générale le développement d’une politique d’attractivité auprès des lycéen-nes au sein des écoles vis-à-vis du sexe le moins représenté en leur sein (dès lors que les effectifs étudiants masculins ou féminins sont inférieurs à environ 30 % de l’effectif total).

Parce que la prise en compte de la diversité, qui ne se décrète pas mais se construit dans la durée, est à la fois un enjeu sociétal majeur pour la France en même temps qu’une réelle opportunité pour l’économie mondialisée d’aujourd’hui, les grandes écoles sont bien résolues à poursuivre leur engagement .en faveur de la réussite de tous.

 

Florence Darmon
Directeur général de l'ESTP
Ecole spéciale des travaux publics

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

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