Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°41
juin 2013

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De l’écrit, de l’imprimé, du numérique et des bibliothèques, par Marie-Pierre Redon et Sylvie Mersadier, groupe Documentation-Information de la CGE

Marie-Pierre Redon est responsable de la bibliothèque de l'Enise depuis 1983 et anime le groupe Documentation-Information de la CGE
Diplômée de l'INTD, Sylvie Mersadier, après quelques expériences professionnelles dans le secteur privé, dirige depuis 2005 le service documentation de SUPAERO, devenu ISAE en 2007.

L’écrit est lié à la valorisation du savoir avec ses problématiques inhérentes : la conservation et l’accès, traditionnellement assurés par les bibliothèques. Les supports de l’écrit se sont multipliés : de l’imprimé, on passe à l’imprimé numérisé puis à l’écrit nativement numérique ; sous l’abord d’un maniement du document numérique rendu plus simple pour le lecteur, la conservation, la diffusion et l’accès s’en trouvent complexifiés.

Pour prendre l’exemple des revues scientifiques, les bibliothèques et leurs lecteurs ont désormais accès à des milliers de titres et à des millions d’articles, sous forme de bouquets, mais avec des coûts d’abonnement récurrents, en constante augmentation, et des difficultés nouvelles pour guider les lecteurs dans cette profusion d’information.

L’accès à la documentation numérique est limité par son coût
Concernant la question du coût, le consortium Couperin œuvre pour mutualiser et négocier avec les éditeurs afin de rendre les abonnements accessibles au plus grand nombre. 92 grandes écoles sont adhérentes et bénéficient ainsi de tarifs négociés1. Les PRES ou les UNR sont également une chance pour les établissements d’obtenir des tarifs encore plus avantageux : cela nécessite une structure ou une organisation documentaire permettant de se coordonner à ce niveau régional.

Malgré tout, le coût des abonnements reste problématique, à la fois pour de petits établissements qui n’arrivent toujours pas à financer des bouquets mais aussi pour de plus gros établissements qui ne parviennent plus à suivre l’augmentation perpétuelle du coût des abonnements.

Alors comment continuer à proposer un large accès au savoir pour tous ? Comme l’indique Monique Joly, responsable du département Etudes et Prospectives de Couperin « Tout peut changer avec l’Open Access. Le mouvement pour l’Open Access, porté depuis 20 ans par des chercheurs et des bibliothécaires, encourage les chercheurs à devenir des acteurs de la diffusion ouverte de leurs travaux.» La CGE s’est engagée dans cette voie et participe aux travaux nationaux lancés par Couperin. L’un des enjeux à terme, de cet engagement, est de contribuer à une modération des tarifs d’accès à la documentation.

Savoir guider et former les lecteurs dans l'immense champ des possibles offert par l'écrit numérique
Tout comme elles l’ont fait pour les écrits, les bibliothèques ont leur rôle à jouer pour donner l’accès aux écrits numériques et les conserver.

Il ne s'agit pas d'opposer les supports (imprimés ou numériques) mais de les penser complémentaires, avec les limites qui leur sont propres, sans perdre de vue le rôle essentiel du "contenant de contenus" joué par les bibliothèques, ni celui de médiateur tenu par les bibliothécaires, chargés d’ouvrir la route dans la jungle des gisements de l’écrit.

Les bibliothèques proposent de plus en plus de formations, nécessaires pour amener les lecteurs à se repérer, à effectuer des recherches efficaces et à se forger un regard critique sur la validité de l’information.

En parallèle, des projets nationaux voient le jour pour travailler sur l’amélioration des outils d’accès proposés par les bibliothèques. Il faut désormais proposer des catalogues sur le web « à la Google » qui allient le signalement de tous les types de ressources écrites (articles, livres imprimés, ebooks, thèses, cours etc.) et les services proposés tels que la commande de documents, ou encore la création d’interfaces personnalisées. Le projet de Système de gestion de bibliothèque mutualisé (SGBM) porté par l’Agence bibliographique de l'enseignement supérieur (ABES) va dans ce sens .

En guise de conclusion
Les étudiants, les chercheurs et les lecteurs en général, manipulent l’écrit sous toutes ses formes, qu’il s’agisse d’étudier avec un manuel au calme, dans un lieu propice, de lire un article sur un Smartphone debout en attendant le bus, ou encore de consulter une thèse en ligne ou obtenue par le Prêt entre bibliothèques. Dans tous ces cas, les bibliothèques font partie intégrante du circuit de diffusion.

Les technologies des écrits numériques puis des images, fixes ou animées, et maintenant multimédia, ont enrichi les créations intellectuelles. Il n’en reste pas moins que l’échange d’information écrite, imprimée ou numérique, reste le média privilégié de la transmission des savoirs scientifiques. L’écrit, imprimé ou numérique, a encore de belles heures devant lui.


Marie-Pierre Redon - ENISE
Sylvie Mersadier - ISAE
Groupe documentation de la CGE

1) D’après l’enquête « contrats 2010 » Couperin, une dizaine d’écoles adhérentes n’achetaient aucune ressource par Couperin, ce qui prête à penser que ces écoles n’ont que très peu de moyens pour leur documentation électronique.

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