Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°34
Novembre 2012

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Céline Lay, Ophélia Bolmin, Fanny Risbourg et Christian Garreau leur professeur, développent le projet innovant « robot hexapode » relatif aux domaines scientifiques et techniques

Entretien avec C. Lay, O. Bolmin, F. Risbourg et C. Garreau sur le projet « robot hexapode » relatif aux domaines scientifiques et techniques

Céline Lay, Ophélia Bolmin, Fanny Risbourg et leur professeur Christian Garreau ont su trouver une approche subtile et innovante pour développer leur projet "robot hexapode", obtenant ainsi un large succès auprès des membres du jury des différents concours auxquels ils ont participé. Petit zoom sur leur parcours respectifs :

Céline Lay et Ophélia Bolmin : Seconde, option Initiation aux sciences de l’ingénieur (ISI) puis première et terminale scientifiques Sciences de l’ingénieur (S-SI) au lycée Louis-le-Grand (2009-2012) - Mention très bien au baccalauréat - Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) en MPSI au lycée Chaptal cette année.

Fanny Risbourg : Seconde, option Initiation aux sciences de l’ingénieur (ISI) puis première et terminale scientifiques Sciences de l’ingénieur (S-SI) au lycée Louis-le-Grand (2009-2012). Mention très bien au baccalauréat - Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) en MPSI au lycée Louis le Grand cette année.

Christian Garreau : Professeur en Sciences industrielles de l’ingénieur (SII) dans la filière Sciences de l’ingénieur (SI) au lycée Louis le Grand (2008 à 2011) - Professeur en Sciences industrielles de l’ingénieur (SII) en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) au lycée Chaptal depuis 2011.

De gauche à droite : Christian Garreau, Céline Lay, Ophélia Bolmin, Fanny Risbourg

L'interview

CGE : Trois grands succès successifs, trois reconnaissances par vos pairs : les Olympiades nationales de sciences de l’ingénieur en 2011 ; Le concours C.Génial en mai 2012 et enfin tout récemment le prix EIROForum catégorie Engineering au concours EUCYS en septembre dernier à Bratislava. Pouvez-vous revenir un peu sur les origines de cette grande aventure et sur la complicité de votre trio ?

[Fanny] Notre travail sur le robot hexapode a commencé dans le cadre du TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de première. Nous étions alors dans des classes différentes, et ce projet nous a permis de passer du temps ensemble et de travailler efficacement puisque nous connaissions déjà les points forts et les méthodes de travail de chacune d’entre nous.

Quand notre professeur de sciences de l’ingénieur, M Garreau, nous a inscrites aux Olympiades de sciences de l’ingénieur, nous n’espérions pas la victoire. Voir notre travail ainsi récompensé quelques mois plus tard nous a donc donné envie de poursuivre notre travail sur ce projet, et nous avons participé au Concours C.Génial l’année suivante.

A titre personnel, je pense que ce que ce projet nous a réellement apporté, plus qu’un diplôme ou un quelconque prix (bien que je sois rentrée de Bratislava avec plein de bons souvenirs), c’est une expérience unique de travail d’équipe en particulier (et oui, ce n’est pas en se tapant dessus qu’on a fait marcher le robot !). La complicité qui existe aujourd’hui entre Céline, Ophélia et moi est aussi le fruit de ce travail d’équipe, qui nous a beaucoup rapprochées.

CGE : Pendant toutes les phases de présentation et de jauge de votre projet, vous avez été confrontées à de nombreux homologues étrangers. Que pensez-vous de l’émulation générée par le rassemblement de toutes ces graines de scientifiques ? Et quelle est votre idée des capacités collaboratives des pays et/ou des scientifiques les uns avec les autres dans une perspective d’apport pour la collectivité mondiale ?

[Céline] Les concours auxquels nous avons participé nous ont vraiment encouragées à persévérer dans la voie scientifique. Les projets des autres participants étaient très intéressants. Ils nous ont fait découvrir des aspects des sciences que nous ne connaissions pas. Ces concours nous ont aussi motivées pour améliorer notre projet et apprendre à communiquer pour mieux le défendre tant en français qu’en anglais, face aux jurys et aux autres participants. Le concours international EUCYS nous a donné envie de progresser car il nous a permis d’appréhender différentes approches d’un même problème. Lors des concours auxquels nous avons participé, la majorité des projets présentés étaient le fruit d’un travail collectif, ce qui nous a confortées dans l’idée que le travail en équipe conduit à un meilleur résultat que lorsque que l’on travaille seul.

Aujourd’hui l’anglais facilite la communication et la collaboration entre scientifiques de pays différents. Les centres de recherches européens qui offraient des prix pour le concours EUCYS, comme le CERN, l’ILL ou l’ERSF, sont performants sur le plan mondial et illustrent donc l’efficacité des collaborations entre pays et scientifiques.

CGE : Trois jeunes femmes de sciences à l’époque où l’on a encore du mal à convaincre un fort public féminin de s’engager dans les études scientifiques. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Quels seraient vos arguments pour convaincre des qualités de ces filières vos homologues en quête de la bonne orientation ?

[Ophélia] Si elles sont encore peu nombreuses dans les filières scientifiques, comme nous avons pu le voir lors des différents concours, leur nombre semble augmenter au fur et à mesure. Nous avons eu la chance au long de notre parcours d’être inscrites dans des classes dans lesquelles les filles étaient relativement nombreuses (par exemple, elles représentent 1/3 de notre classe de MPSI cette année). L’ambiance nous semble plus détendue et collaborative. Les filles apportent une vision différente dans les projets, plus globale et favorisant la recherche de consensus nécessaire au bon fonctionnement d’une équipe.

L’école devrait davantage offrir aux jeunes l’occasion de rencontrer des scientifiques, de comprendre leurs métiers et de partager leurs passions. Nous avons eu la chance de faire des rencontres déterminantes pour notre projet et d’être soutenues par un coach hors pair… S’orienter dans une filière scientifique, que l’on soit homme ou femme, demande une véritable curiosité, pour toujours aller plus loin, tout en s’amusant. Mon message serait donc de privilégier avant tout ce que l’on aime. Les études scientifiques ont l’avantage d’ouvrir aujourd’hui la voie à un grand nombre de domaines, mais également d’explorer les technologies qui constituent notre vie de tous les jours, d’expliquer les phénomènes qui nous entourent et de contribuer à construire le monde de demain.

CGE : Vous êtes toutes trois en classes préparatoires, comment vivez-vous cet univers ? Comme une suite logique aux bancs du lycée, comme une nouvelle marche à gravir ou comme un tremplin vers tous les possibles ? Au fait, votre « robot hexapode », il sait monter un escalier ?

[Ophelia] Non, notre robot ne gravit pas (encore) d’escalier, seulement des petits obstacles. Par contre, il les dévale !!! Effectivement la prochaine évolution de notre robot hexapode sera de monter le long d’un mur… mais chut !!!

[Fanny] Ah les classes prépas !… Oui le rythme est soutenu, la charge de travail considérable et on ressent une certaine pression liée à la préparation d’un concours et non d’un examen. Pourtant, c’est aussi un univers très épanouissant ! L’ambiance est, contrairement à ce qu’on entend souvent, excellente, il y a une grande entraide entre les élèves et un esprit de camaraderie dans les classes, qui permet de supporter le rythme. On travaille souvent en groupe et je retrouve donc cet échange d’idées et de points de vue qui m’avais plu lors de notre travail sur le robot.

[Céline] Les classes préparatoires sont la suite assez logique du lycée dans le cursus français, notre programme d’étude est également dans la continuité de celui du lycée et nous sommes très encadrés. Mais le niveau d’exigence est beaucoup plus élevé et la charge de travail y est plus importante. Il n’a pas été facile pour moi de reprendre le rythme soutenu qui nous est demandé en prépa, après six jours de compétition à Bratislava dans le cadre du concours EUCYS 2012.

[Ophélia] Suivre les enseignements de la classe préparatoire de MPSI à Chaptal est pour moi un véritable plaisir : j’apprécie beaucoup la qualité de l’enseignement et des enseignants en sciences ou en langues, c’est la première fois que je peux dire que nous nous amusons véritablement en cours. C’est donc un plaisir que d’y étudier même si les exigences sont élevées et que j’attends les vacances pour penser à l’avenir !

CGE :
Même si la maturité de vos personnalités et de votre projet semble évidente, avez-vous encore des rêves et comment comptez-vous vous en rapprocher ? Comment imaginez-vous les suites de cette aventure et vos futures collaborations ou carrières solos ?

[Ophélia]
À 18 ans, tout le monde a des rêves ! Et c’est parce que l’on a toutes des rêves que l’on s’est impliquées dans cette aventure. Entre rock star et ingénieur en aéronautique, le choix est encore difficile ! Mais l’hexapode nous a permis de rencontrer des gens du monde entier, passionnés et passionnants. Cela donne envie de voyager, d’aller voir ce qui se fait ailleurs, dans les grandes universités à l’étranger, particulièrement du monde anglophone.

[Fanny] J’aime le soleil, la carrière de rock star est donc exclue pour moi, et je me contente de rêver de voyages, de rencontres et de découvertes… Si je suis aujourd’hui en classe préparatoire, c’est pour me donner les moyens de réaliser certains de mes rêves et de choisir un métier qui me plait. La fin de cette aventure à trois, qui aura duré près de deux ans, a été marquée par notre retour de Bratislava. Maintenant, je ne regarde plus les cafards de la même façon !

[Céline] Le projet a été mis entre parenthèse en raison de la charge de travail que nous avons en prépa mais sera peut-être repris en TIPE (Travaux d’initiative personnelle encadrés).

Palmarès

  • 1er prix aux Olympiades de sciences de l’ingénieur en mai 2011, qui se sont déroulées au siège de PSA. Le projet robot Hexapode a été développé au lycée Louis le Grand dans le cadre des travaux personnels encadrés (TPE) en classe de première scientifique Sciences de l’ingénieur (S-SI) : projet encadré par le professeur Christian Garreau.
  • 1er prix au concours C.Génial en mai 2012 au Palais de la découverte à Paris. Détermination et qualification de toutes les performances du robot Hexapode au lycée Chaptal : travail encadré par le professeur Christian Garreau.
  • 1er prix EIROForum catégorie Engineering en septembre 2012 à Bratislava – Robot Hexapode.
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Créée en 1982, elle fédère et crée un réseau de plus de 700 professeurs de sciences de l’ingénieur, répartis dans plus de 200 lycées publics ou privés sous contrat, exerçant dans les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) scientifiques.

L’UPSTI entretient un dialogue privilégié avec les grandes écoles d’Ingénieur et l’ensemble des acteurs institutionnels. Elle participe à tous les débats concernant la filière scientifique en CPGE et intervient sur tout sujet engageant l’avenir du dispositif national des classes préparatoires.

L’UPSTI est membre fondateur de la Conférence des classes préparatoires et membre associé de la Conférence des Grandes Écoles. L’UPSTI est également un laboratoire d’idées permettant de regarder l’avenir de la formation des ingénieurs en CPGE pour l’adapter aux défis de demain.

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