Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°33
Octobre 2012

Imprimer la page
Lettres d'informations précédentes

Faut-il changer ? Pourquoi ça ne change pas ? Comment faire pour que ça change ? - Par Cyril Dion, directeur du mouvement Colibris

Initialement appelé Mouvement pour la Terre et l'Humanisme, Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi : Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Le mouvement Colibris est une plate-forme de rencontre et d’échange qui s’adresse à tous ceux qui veulent agir, cherchent des solutions concrètes ou développent des alternatives. Le mouvement a été initié en 2006 par Pierre Rabhi et quelques proches, sous la forme d’une association loi 1901. Colibris a l’ambition d’être un accélérateur de transition, en s’appuyant sur la capacité de chacun à changer et à incarner ce changement dans des expériences concrètes et collectives. Sa vocation est d’encourager l’émergence et l’incarnation de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.

----

Devons-nous changer ? Pourquoi les choses ne changent pas ? Comment pourrions-nous faire pour qu’elles changent ? Voici les questions que nous entendons le plus souvent à propos de la crise de civilisation que traverse l’humanité.

« Devons-nous changer ? »
est encore la plus simple. Les constats, les alertes, les analyses se multiplient pour nous montrer que notre modèle de société n’est pas soutenable pour la planète, qu’il est socialement inéquitable (des milliards d’êtres humains sont toujours affamés, exploités, sans emplois, les richesses sont scandaleusement mal réparties…), qu’il dérègle le climat, qu’il tue des millions d’espèces vivantes, qu’il met en danger notre santé…

« Pourquoi les choses ne changent-elles pas ? » semble une question beaucoup plus complexe. Nous voyons bien que la prise de conscience progresse, que, malgré les lobbys qui cherchent à maintenir une forme de statut quo, les leaders économiques et politiques ont souvent pris conscience de la nécessité d’agir et commencent même à mettre de la bonne volonté dans leurs actions (Grenelle de l’environnement en France, sommets de la Terre, Kyoto, déclaration répétée du secrétaire génral de l’ONU…). Pourtant, les rapports des scientifiques sont chaque année plus alarmistes, soulignant même une accélération des processus de dégradation écologique et sociale et les mesures ne sont pas prises.

Pourquoi ?
On pourrait avancer beaucoup d’arguments, allant du réel degré de conscience de ces dirigeants aux pressions exercées par les puissances économiques et financières, à leur manque d’audace et de vision… On pourrait également avancer une explication, qui ne vient contredire aucune des précédentes, mais apporter un éclairage différent.

On pourrait avancer que ces organisations et leurs leaders sont dans l’incapacité structurelle de répondre aux problématiques actuelles car ce qu’ils considèrent traditionnellement comme des solutions est aujourd’hui le cœur du problème.

Sur quoi repose structurellement la puissance de notre modèle occidental ? Quelles sont les recettes que nous appliquons, les forces «techniques» sur lesquelles nous nous appuyons pour entreprendre de grandes choses ? Essentiellement sur l’énergie et le capital, dans le but de produire de la croissance économique. Jamais nous n’aurions pu bâtir notre civilisation moderne sans l’utilisation massive d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…) et la capacité de mobiliser du capital financier. Jamais nous ne pourrions maintenir une certaine cohésion sociale dans ce monde industriel et post-industriel sans une confortable croissance économique créatrice d’emplois, de qualité de vie et de nouvelles richesses à partager.

Or nous nous heurtons aujourd’hui à un triple problème structurel.

Ainsi donc, ce qui devrait nous donner la puissance de réagir, de construire, de changer est ce qui est en train de nous conduire à notre ruine… Nous nous retrouvons dans la situation paradoxale où le carburant dont nous avons besoin pour faire avancer notre véhicule est celui qui va très certainement le faire exploser, sans que nous sachions précisément où et à quel moment.

Nous avons donc besoin de radicalement changer de moyen de propulsion, c’est-à-dire de modèle de société.

« Comment pourrions-nous faire pour qu’elles changent ? » Comme le répète régulièrement Edgar Morin, les changements radicaux de l’humanité (l’agriculture, l’écriture, la démocratie en Grèce, les religions…) ont commencé par l’invention de pratiques, de modèles isolés, par une minorité de personnes. Puis, pour des raisons diverses et spécifiques aux lieux et aux époques, ces innovations sociales, économiques, spirituelles se sont généralisées à de larges franges de la population mondiale.

Cette propagation semble liée à un phénomène de « masse critique ». A partir du moment où une masse significative de la population se met à penser ou à agir d’une certaine façon, l’ensemble de la société est susceptible de basculer.

Ce basculement provient de toute évidence de la rencontre entre un changement de vision du monde et l’apport d’innovations structurelles incarnant cette conscience nouvelle dans une organisation sociétale.

De nombreuses expérimentations existent aujourd’hui dans tous les domaines, repensant en profondeur les fondements de notre société, et susceptibles de devenir les éléments constitutifs de civilisations profondément respectueuses de l’être humain et de la nature. Agroécologie, permaculture, circuits courts, biomimétisme, circuits industriels zéro déchets, villes post-pétrole, écoquartiers, monnaies libres (locales, régionales, affectées, de temps…), modes d’éducation fondés sur l’épanouissement des enfants, sociocratie, holacratie…

Il nous appartient maintenant à tous d’explorer les tréfonds de nous-mêmes à la recherche de notre liberté, de notre cohérence, de notre épanouissement individuel et collectif et d’adopter (ou d’inventer) de nouvelles pratiques adaptées à l’endroit où nous vivons. C’est pour aider chaque personne et groupe de personnes désireuses de s’engager dans cette voie que Colibris a été créé.

Cyril Dion
Directeur du mouvement Colibris
Web : www.colibris-lemouvement.org
Rejoignez nous : www.devenezuncolibri.org
Tous candidats : www.touscandidats2012.fr

Contact

Visitez le site du mouvement Colibris...

L'éthique du Colibri...

L'équipe de Colibris...

Aux origines du mouvement...

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

Pour recevoir notre lettre d’information, inscrivez votre email ci-dessous :

Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique destiné à la gestion de la lettre d’information « Grand angle ». Les destinataires des données sont les membres du service communication de la CGE. Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant à CGE – Rédaction Grand Angle, 11, rue Carrier-Belleuse 75015 Paris.
Vous pouvez également, pour des motifs légitimes, vous opposer au traitement des données vous concernant.