Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°27
Mars 2012

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Anne Stefanini, directeur de Novancia Business School Paris

Anne Stefanini, directeur de Novancia Business School Paris

Anne Stéfanini, diplômée de l’ESCP, a pris en janvier 2011 la direction d’Advancia-Négocia, établissement qu’elle connaissait bien puisqu’elle a été directeur de la Formation continue à Négocia de 1992 à 1997. Elle conduit la fusion des 2 écoles, annoncée en novembre 2011, avec l’inauguration de Novancia Business School Paris.

Elle a débuté sa carrière dans le privé et a notamment, après quelques années dans le secteur de la distribution, été attachée à la direction financière puis à la direction générale d’une filiale du Groupe Compagnie Générale d’Électricité. En 1989, elle rejoint la Chambre de commerce et d’industrie de Paris en tant que responsable de l'ingénierie de formation pour les entreprises d’ESCP Europe (alors Groupe ESCP). Elle rejoint ensuite Négocia, puis prend la direction de Gobelins, l'école de l’image, et de l'ESIV (Ecole supérieure des industries du vêtement) en 1997.

De 2004 à 2010, elle a été directeur de l’enseignement de la CCIP, aux côtés de Xavier Cornu, directeur général délégué de la CCIP, chargé de l'enseignement-recherche-formation. À ce titre, elle a contribué à la formalisation de l'engagement éducatif des 11 écoles de la CCIP et à sa mise en œuvre à travers la création du CIRPP (Centre d'innovation et de recherche en pédagogie de Paris). Elle a notamment supervisé les missions de développement commercial et de communication de la mission formation de la CCIP ainsi que la direction de son CFA.

CGE : Bientôt deux trimestres à Novancia. En tant que directrice générale, quel bilan dressez-vous de cette première partie de « saison », quelles sont désormais les valeurs distinctives de votre groupe et quels sont les prochaines étapes ou enjeux de votre développement ?

A.S. : Inaugurée officiellement en novembre 2011, Novancia a accueilli dès la fin du mois de septembre la première promotion de son nouveau Bachelor, issu de la fusion des programmes d’Advancia et de Négocia. Au-delà de cette fusion, c’est bien une nouvelle approche qui se développe dans l’école. Les étudiants ont d’ores et déjà élu un BDE unique et les anciens travaillent au rapprochement de leurs associations. Mixant les compétences et les valeurs de l’entrepreneuriat à celles du commerce, professeurs et équipes administratives travaillent ensemble à la réussite des prochaines étapes du développement de Novancia :

CGE : Est-il simple de conjuguer enseignement traditionnel, apprentissage, formation continue, accompagnement via des incubateurs, finance et vision internationale pour couvrir tout le spectre de l’entrepreneuriat ?

A.S. : L’offre pédagogique de Novancia recouvre un large spectre : de la formation initiale sous statut scolaire à la formation continue, en passant par l’apprentissage et l’accompagnement des porteurs de projets de l’incubateur. C’est un dispositif complet, en parfaite cohérence avec la vocation d’une école de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, qui est de former les hommes et les femmes recherchés par les entreprises, à tous les stades de développement de leurs compétences. En ce qui concerne Novancia, ces compétences sont managériales, prioritairement dans le domaine du commerce, de l’action commerciale et de l’entrepreneuriat. L’expérience et les échanges entre les professeurs et les différents publics formés, ainsi qu’avec les entreprises qui les accueillent, sont particulièrement enrichissants grâce à la complémentarité des formations (bachelor, master, Mastères spécialisés, formation continue, création d’entreprise…).

CGE : Quels sens et quelles vertus donnez-vous à l’entrepreneuriat au féminin ?

A.S. : Je ne souhaite pas opposer entrepreneuriat au féminin et entrepreneuriat au masculin, pas plus que je ne le ferais en ce qui concerne le management. On reconnaît souvent des qualités ou des spécificités plutôt féminines, telles que le pragmatisme, le courage, la persévérance, le moindre besoin de se mettre en avant. Certaines de ces caractéristiques seraient bien utiles pour faire progresser la démarche entrepreneuriale. Toutefois, l’ampleur des tâches qui incombent encore majoritairement aux femmes dans leur vie familiale, explique sans doute qu’elles sont moins nombreuses que les hommes à tenter l’aventure : l’entrepreneuriat induit une prise de risque, une forte motivation et une grande disponibilité sont indispensables pour s’y engager. Dans ces conditions, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à pouvoir tenter l’aventure.

CGE : Dans votre expérience managériale, avez-vous été confrontée à des considérations abusives liées à votre condition de femme et avez-vous des anecdotes en ce sens que vous puissiez nous livrer ?

A.S. : Depuis que j’exerce des fonctions managériales, je n’ai jamais été confrontée à ce type de problème. Les femmes sont très nombreuses dans le secteur de la formation, même si, là aussi, leur nombre se restreint singulièrement dans les postes de direction de Grande Ecole. En revanche, lors de mes premières recherches d’emploi, faisant partie de la première promotion de l’ESCP ouverte aux femmes, je devais souvent faire face à des questions sur mes éventuels projets de maternité et à la suspicion d’arrêt prématuré d’activité professionnelle.

L’expérience a prouvé qu’il n’y avait pas d’incompatibilité : mère de 4 enfants, et veuve très jeune, j’ai pu mener une vie professionnelle passionnante, mais souvent très prenante. Il est vrai que la bonne santé de mes enfants et la possibilité de me faire aider à la maison ont facilité mon parcours.

CGE : Si en un éclair vous pouviez transformer durablement le paysage de notre société et l’équilibre des forces féminines et masculines des entreprises, quelles seraient vos 5 premières décisions et quels résultats en attendriez-vous ?

A.S. : Je ne suis pas adepte des changements radicaux (pas de fixation de quota par exemple, qui aboutirait à l’effet inverse à celui recherché en décrédibilisant la réussite des femmes) mais, si je me prête à l’exercice, je commencerais par imposer le respect de l’égalité salariale hommes-femmes. Il est primordial qu’aucune discrimination, de quelque nature qu’elle soit, ne pèse sur la détermination d’un salaire. C’est une question d’équité, qu’il faut rétablir, au risque de grever sans doute, dans un premier temps, les comptes des entreprises. L’effet positif sur l’engagement professionnel des femmes et l’impact sur leur consommation viendraient plus ou moins vite en compensation.

Si le choix d’un candidat à l’embauche ne doit en aucun cas dépendre de son genre, les femmes doivent avoir les mêmes chances à l’embauche et des salaires identiques. Elles atteindront ainsi plus rapidement, et en plus grand nombre, des fonctions leur apportant un épanouissement professionnel plus grand. Elles seront aussi davantage motivées.

Pour éviter une détérioration de la vie personnelle et familiale, il conviendrait d’atteindre un réel et équitable partage des tâches dans le cadre de la vie familiale. C’est sans doute l’objectif le plus difficile à réaliser car il suppose une évolution des mentalités. À ce titre, on devrait s’attacher à renforcer la confiance en elles des femmes, qui doutent plus souvent que les hommes de leur capacité à prendre et à assumer des responsabilités. Le taux d’emploi des femmes en France est un des plus élevés au monde. Il reste à les encourager et les convaincre qu’elles ont, si elles le souhaitent, vocation et légitimité à évoluer au cours de leur vie professionnelle, comme leurs homologues masculins, même si elles sont mères de famille.

Tout en ne refusant pas la mesure objective de la performance, au contraire, je limiterais l’impact (le diktat pourrait-on dire) du résultat chiffré et de son évaluation à court terme. Il faut redonner du souffle et de l’audace à nos entreprises : l’écoute et l’intuition que l’on prête aux femmes, leur tendance naturelle plus forte que celle des hommes à la prise en compte de l’humain dans les décisions, seraient à mon sens de nature à améliorer la qualité de vie et l’efficacité globale des entreprises.

Une réelle parité femmes-hommes permettant, en toute égalité et légalité, la cohabitation de talents complémentaires, stimulerait la compétitivité des entreprises. La mise à contribution de l’intelligence féminine représente un véritable potentiel de création de valeur qui, sans nul doute, permettrait de restaurer la compétitivité de nos économies. Un véritable enjeu sociétal !

Propos recueillis par Pierre Duval
CGE - Chargé de mission Communication

En savoir plus sur Novancia Business school Paris

Grande École de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Novancia forme une nouvelle génération de managers à double compétence commerciale et entrepreneuriale, experts en business development. Elle accueille des profils diversifiés au sein de ses programmes Grande Ecole (bachelor - master), Formation Continue et Executive education (Mastères spécialisés). Ses enseignants s'attachent à révéler leurs talents et à stimuler leurs potentiels.

En favorisant l'innovation, en développant la recherche et en valorisant les métiers et les fonctions liées au développement d'affaires, Novancia apporte aujourd'hui, au sein du monde éducatif, une réponse originale et pragmatique aux besoins des entreprises.

Tremplin vers les secteurs recruteurs, créateurs de valeur de l'économie, elle s'appuie sur sa double expertise et son réseau de partenaires académiques, professionnels et internationaux, pour former, accompagner les étudiants et préparer leur entrée dans la vie professionnelle.

Novancia se positionne comme l'école de celles et ceux qui ont un goût prononcé pour l'action et l'engagement, l'envie d'expérimenter et de s'ouvrir au monde pour participer à la croissance et au développement de l'économie, tout en étant capables de créer de la valeur sociale, éthique et environnementale.

Novancia est née de la fusion, en novembre 2011, d’Advancia et de Négocia, deux écoles respectivement dédiées au commerce et à l'entrepreneuriat. Ses origines remontent à 1863.

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