Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°27
Mars 2012

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De l'inversion des inégalités entre les sexes dans l'enseignement supérieur

Depuis quelques années, nombreuses sont les grandes écoles, notamment scientifiques, qui tentent de séduire la population féminine afin que celle-ci en rejoigne les bancs ; relayées, sur fond de mixité, d’égalité hommes-femmes par des associations dynamiques telles « Femmes et Sciences » ou encore « L'Association des Femmes Ingénieurs ».
Selon la dernière enquête portant sur les effectifs étudiants des écoles membres de la CGE (année 2009-2010), les jeunes filles représentent 36 % des étudiants inscrits et 35,9 % des diplômés, toutes écoles confondues. Pour ne parler que des écoles d’ingénieurs, les plus touchées, les filles ne représentent plus que 18 % des inscrits et des diplômés, quand la DEPP dans RERS 2011 [tableau 8.21], annonce 27 % de jeunes filles parmi les diplômés des formations d’ingénieurs.
Or une étude de l’OCDE, publiée en 2008 et intitulée L’enseignement supérieur à l’horizon 2030, volume 1 : démographie dresse un tableau totalement différent du paysage de l’enseignement supérieur en terme de répartition « hommes-femmes ». A la lueur de projections (chapitre 10 : L’inversion des inégalités entre les sexes dans l’enseignement supérieur : une tendance qui a de l’avenir), l’auteur, Stéphan Vincent-Lancrin, lance un cri d’alarme en expliquant que « du point de vue des inégalités éducatives, il apparaît cependant que la promotion de l’égalité des chances entre hommes et femmes ne peut plus se concentrer uniquement sur les femmes ».

Eléments statistiques

Décryptage

Le siècle dernier a été marqué, jusqu’au début de sa dernière décennie, par un accès inégalitaire à l’enseignement supérieur en la défaveur des femmes. Dans la zone OCDE, des éléments historiques et sociaux expliquent aisément ceci :

Parmi les raisons qui motivent les femmes à rejoindre les bancs de l’enseignement supérieur, et ses formations de niveau les plus élevé :

Perspectives

Nous voyons donc ici que si les conséquences démographiques et économiques de l’inversion des inégalités entre les hommes et les femmes dans l’enseignement supérieur sont quantifiables, les conséquences sociales relèvent encore de l’hypothèse. On pourrait éventuellement en arriver à une société pensant que les études supérieures sont l’apanage des filles, notamment dans les pays défavorisés. Par ailleurs « il n’est pas rare que les stéréotypes sociaux entraînent de nouvelles normes sociales et une discrimination passive (cette fois-ci envers les garçons). Au minimum, il faut revoir aujourd’hui les politiques d’équité éducative entre les sexes en prenant acte du fait que ce ne sont pas forcément les femmes qui se trouvent en position de désavantage, et en s’intéressant aussi à la réussite des garçons [… car] l’idéal d’égalité reste préférable à tous les idéaux ».

Isabelle Laurençot
Chargée de Mission Observatoire des Grandes École

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

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