Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°25
Janvier 2012

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Pauline Reybier, présidente du REFEDD

Flash info DD : Consultation Nationale Étudiante, entretien avec P. Reybier, présidente du REFEDD et une sélection des actualités DD dans les écoles

Pauline Reybier a 24 ans, récemment diplômée d’un master en stratégies de développement durable et responsabilité sociétale des entreprises de l’université de Versailles Saint Quentin en Yvelines, elle a entamé depuis le mois de juin 2011 son deuxième mandat de présidente du REFEDD, le REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable. Le REFEDD est un réseau d’associations lancé en 2007 en même temps que le Grenelle de l’environnement, à l’occasion des assises nationales étudiantes pour le développement durable et en réponse au constat d’absence d’une structure nationale pour coordonner les actions étudiantes en faveur du développement durable dans l’enseignement supérieur. Le REFEDD en 2011 compte un peu plus de 90 associations membres sur toute la France aussi bien au sein d’écoles (60%, commerce/ingénieurs) qu’au sein d’universités (40%) et a quatre missions principales :

  1. L’animation du réseau notamment grâce à des rencontres locales, un site internet, une newsletter et une fois par an des rencontres nationales (prochaine édition les 31 mars et 1er avril 2012) ;
     
  2. L’accompagnement des étudiants en leur proposant des outils et des formations gratuits (projet carbone campus, plan de déplacements campus, Plan Vert..) pour qu’ils puissent être des acteurs qualifiés des démarches développement durable de leurs campus ;
     
  3. Le portage de projets de sensibilisation au développement durable des étudiants de l’enseignement supérieur. En 2011 le REFEDD a notamment travaillé avec le CNOUS sur l’introduction d’une alimentation responsable dans les restaurants universitaires et travaille actuellement sur la responsabilisation des nombreux évènements étudiants (plus de 50 000 par an du type soirées, festivals, conférences..). Ces travaux débouchent sur la création d’outils disponibles gratuitement sur le site internet du REFEDD tel que le kit pour la journée de sensibilisation au développement durable co-réalisé avec la CGE et la CPU notamment.
     
  4. Porter la voix des étudiants dans le domaine du développement durable auprès des acteurs académiques, des ministères et de la société civile. Cette mission s’appuie notamment sur les résultats d’une enquête , la « consultation nationale étudiante » réalisée en partenariat avec l’association Avenir Climatique. En 2011 cette enquête lancée au printemps a recueilli 10.000 réponses qui une fois dépouillées ont abouti à la rédaction du rapport intitulé « 10 000 jeunes pour imaginer un enseignement supérieur plus responsable ».

CGE : Est-ce la première consultation que vous lancez ?

P.R. : La première consultation a été réalisée par Avenir Climatique en 2008 et portait en grande partie sur les enjeux environnementaux, elle a été réalisée sur une période un peu plus longue que la consultation de 2011 et avait recueilli a l’époque plus de 14.000 réponses. Cette consultation a donné lieu à un premier rapport rédigé par le REFEDD, assorti de propositions pour une meilleure prise en compte des enjeux du développement durable par l’enseignement supérieur. Une de ces propositions s’est d’ailleurs concrétisée par la constitution d’un groupe de travail pluri-acteurs qui a élaboré le kit « Journée de Sensibilisation au Développement Durable ». La consultation de 2011 a été élaborée avec deux objectifs principaux : Analyser l’évolution des connaissances depuis 3 ans en matière de développement durable et connaître les préoccupations et attentes des étudiants relatives au développement durable et à l’introduction de celui-ci dans les cursus et sur les campus. L’élargissement du sujet d’enquête a eu par ailleurs comme conséquence positive de rééquilibrer la représentation des réponses entre écoles d’ingénieurs, universités (IUT inclus) et école de management. Le premier constat issu de cette consultation est que les connaissances des étudiants n’ont pas beaucoup évolué en trois ans.

CGE : Ce n’est pas un constat très positif ?

P.R. : Non et c’est notamment confirmé par l’analyse des réponses aux questions ouvertes incluses dans les 39 questions que comportait l’enquête, il y a une très forte attente en termes d’information et de sensibilisation sur les enjeux liés au développement durable.

CGE : Il y a eu 10.000 réponses à cette enquête, on pourrait à priori penser que les répondants sont déjà des personnes intéressées, cela ne biaise t il pas les résultats ?

P.R. : En premier lieu nous n’avons jamais prétendu avoir un panel représentatif des étudiants français, nous n’avons d’ailleurs pas eu recours aux méthodes « scientifiques » pratiquées par les instituts de sondages. Nous précisions bien au début du rapport le cadre de cette enquête et nous indiquons que nos propositions sont à prendre avec un certain nombre de précautions. Cependant, à la différence de l’enquête de 2008 qui était clairement identifiée dans son intitulé comme portant sur des enjeux énergétiques et climatiques, l’enquête de 2011 s’appelait « nos attentes, notre avenir » et ne faisait apparaître nulle part la référence au développement durable dans son intitulé. De plus l’enquête montre que la diffusion du questionnaire s’est surtout faite via les établissements (pour 70% des répondants) et donc à tous les étudiants de ces établissements et pas uniquement à ceux qui sont membres d’une association de notre réseau. Ceci nous laisse penser que nous avons touché une population étudiante variée et pas seulement la population déjà sensibilisée au développement durable. Pour conforter cette analyse l’enquête révèle qu’il y a 26 % des répondants qui pensent que le développement durable est une mode qui va s’estomper avec le temps, un chiffre supérieur à celui obtenu il y a trois ans par ailleurs et ce malgré les efforts des établissements et de la société en général. Au de là de ce que révèle ce chiffre sur la population de répondants nous pensons que cela reflète une forme de lassitude face à des effets d’annonce (de communication) massive sur le développement durable pas assez suivis d’actions.

CGE : Si nous devions retenir 4 chiffres de cette consultation, quels seraient ils ?

P.R. : le premier serait que, bien que la majorité des étudiants ait compris la notion de lien inter-générations inclue dans la définition du développement durable, 77 % d’entre eux l’associe encore principalement à l’environnement. Le fait que l’environnement ne soit qu’un des trois « piliers » du développement durable et que ce soit à l’interface entre ces trois piliers que se situent les enjeux n’est pas du tout intégré. Plus positif, 72 % des étudiants pensent que le développement durable est une opportunité pour l’avenir, un moyen de trouver des solutions aux crises actuelles et une façon de réinventer notre manière de vivre. Le troisième chiffre c’est que 98 % des étudiants souhaitent que le développement durable soit intégré dans leur établissement, aussi bien dans le fonctionnement du campus (92%) que dans les cursus (73%) via des modules spécialisés mais aussi via des enseignements transverses. Le dernier chiffre pourrait être le suivant : 70 % des étudiants déclarent qu’ils sont prêts à faire du développement durable un critère de choix de l’établissement dans lequel ils vont étudier. Un constat ressort aussi de cette enquête c’est que les étudiants se sentent parfois démunis pour agir au sein de leur établissement, la difficulté d’établir des liens avec l’administration est une des raisons mises en avant.

CGE : Pouvez vous nous donner quatre ou cinq propositions d’actions issues de cette consultation nationale ?

P.R. : Il ne s’agit pas de propositions faites par le REFEDD mais bien par les étudiants eux-mêmes puisque le questionnaire comportait un certain nombre de questions ouvertes faisant appel à leurs suggestions. Nous avons pu faire ressortir 14 propositions sur 3 thématiques que sont « la stratégie engagée et la gouvernance participative de l’établissement », « la formation » et la « gestion exemplaire des campus ». Si je ne devais citer qu’une proposition par thématique : pour la thématique « gouvernance » les étudiants ont suggéré que soit crée au sein de tous les établissements (lorsque cela n’est pas déjà le cas) une structure de pilotage de la démarche développement durable qui intègre les différentes parties prenantes et notamment les étudiants. En ce qui concerne la thématique « formation » il y a une proposition qui consiste à mettre en place un enseignement décloisonné des disciplines et une intégration du développement durable dans tous les cursus. Enfin pour la thématique « campus exemplaire » il y a une proposition sur l’économie des ressources naturelles et le recyclage des déchets qui fait écho à un certain nombre de pratiques aberrantes (chauffage fenêtres ouvertes, gaspillage papier..) constatées par les étudiants au sein de leurs établissements.

CGE : Quand aura lieu la prochaine consultation ? A quel rythme comptez-vous les réaliser ?

P.R. : Nous ne sommes pas encore tout à fait fixés là-dessus mais une consultation tous les deux ou trois ans pourrait être un bon rythme. Dans le même ordre d’idée et dans un avenir très proche nous avons l’intention de préparer un questionnaire de 5/6 questions à l’intention des équipes des candidats à l’élection présidentielle pour les interroger sur leurs programmes en matière de développement durable et d’enseignement supérieur.

La consultation a recueilli 10030 réponses sur 346 établissements.

La synthèse générale et le rapport complet sont téléchargeables sur les site du REFEDD et d’Avenir Climatique.
 

 

Propos recueillis par Gérald Majou de La Debutrie
Chargé de mission développement durable de la CGE

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