Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°19
Juin 2011

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Jean-Michel Viot, directeur général du groupe Icam

Jean-Michel Viot, directeur général du groupe Icam (Groupe d'écoles d'ingénieurs)

Né en 1960, diplômé de l’Icam en 1983, cofondateur en 1985 de la société Proges-Plus (secteur de l’informatique et du conseil), directeur du site Icam de Lille de 2000 à 2005, directeur général du Groupe Icam depuis 2005.

CGE : Quel est votre bilan de l’évolution de l’Icam depuis 10 ans et les sujets de développement qui ont principalement jalonné votre parcours de direction jusqu’à ce jour ?

JM.V. : Mon parcours de direction, depuis septembre 2000, a été décomposé en deux grandes phases : 5 ans de direction du site de Lille et 5 ans de direction générale du groupe Icam.

La première phase de ce parcours m’a conduit à mener deux actions majeures : d’une part organiser le décloisonnement des nombreuses activités présentes sur le site de Lille, et, d’autre part, rapprocher encore plus l’Icam de ses clients, à savoir les entreprises du monde économique et industriel. Le décloisonnement était nécessaire au regard du projet de l’Icam : « mettre des gens variés en relation, penser l'établissement comme un carrefour des métiers de l'industrie… créer du lien entre les personnes, pour contribuer au tissu économique et social ». Faire évoluer l’organisation pour être plus proche des entreprises était aussi devenu une nécessité : pour comprendre l’entreprise, il faut vivre sa réalité et adopter ses facteurs clés de réussite. Nous avons donc mis en place une organisation matricielle, basée sur l’autonomie et la responsabilité des collaborateurs, et sur le travail en équipe.

La seconde phase de ce parcours m’a conduit à poursuivre le travail de décloisonnement et d’évolution de l’organisation au niveau du groupe. Elle m’a aussi conduit à contribuer à la mise en place d’une gouvernance spécifique, qui articule responsabilité institutionnelle et autonomie opérationnelle, dynamique collective et respect des spécificités locales. Elle m’a enfin conduit à lancer une véritable politique de marque pour l’Icam.

CGE : Vous avez instauré à l’Icam un véritable équilibre entre la stratégie, le management de projet et le management des hommes. Quelles ont été les clés pour y parvenir et quelles sont celles qui inscrivent cet équilibre dans la durée ?

JM.V :
Cet équilibre reste bien fragile, et nous avons encore à faire des progrès importants sur le management des hommes, en particulier en les faisant contribuer toujours plus à la mise en œuvre de notre stratégie et en leur expliquant toujours mieux le sens de cette stratégie. Nous avons aussi d’importants progrès à faire pour rendre plus efficace notre management de projet. Trois clés nous ont permis d’instaurer l’équilibre actuel et nous permettront de réaliser les progrès encore nécessaires :

  1. l’adhésion profonde de nos collaborateurs au projet centenaire de l’Icam,
  2. la qualité des femmes et des hommes qui élaborent notre stratégie, en totale cohérence avec notre projet fondateur,
  3. l’engagement des femmes et des hommes qui conduisent les projets nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie.

Nos collaborateurs, mais aussi nos élèves, nos ingénieurs diplômés et enfin nos partenaires contribuent tous au développement équilibré et durable de l’Icam.

CGE : Selon vous, quels sont les avantages distinctifs de l’enseignement à l’Icam pour permettre aux élèves ingénieurs de ne pas dissocier les valeurs humaines des objectifs de productivité et de rentabilité inhérents à leur rôle ?

JM.V : Nos avantages distinctifs viennent de nos racines : les entreprises et les Jésuites. L’Icam a été créé par des chefs d’entreprise qui en ont confié la gestion aux pères Jésuites. Aujourd’hui encore, ces racines nous permettent de former toujours un même type d’ingénieurs : des femmes et des hommes compétents, acteurs dans leur vie et auteurs de leurs projets, soucieux de développer une économie au service de l’Homme. Notre culture d’entreprise prépare nos ingénieurs à la réalité du monde économique, la pédagogie jésuite vise à former des ingénieurs audacieux, capables de transformer le savoir en service.

CGE : Votre présence à l’étranger est en plein essor comme avec l’exemple de l’Inde en 2010. Quels sont vos premières analyses de cette démarche et vos nouveaux projets en ce sens ?

JM.V : Nous développer à l’étranger nous permet de nous transformer. Réussir un projet en Afrique centrale ou en Inde nécessite de faire alliance avec des femmes et des hommes qui pensent et agissent autrement. Réussir de telles alliances est bien plus difficile que de formaliser un contrat de partenariat visant à de simples échanges d’élèves ou de professeurs. Les partenariats transforment les élèves et les professeurs qui en profitent, très peu l’institution elle-même. En ayant l’audace de faire alliance pour créer des sites Icam à l’étranger, l’Icam est en train de se transformer en profondeur, pour devenir, je l’espère, le premier groupe français d’enseignement supérieur multiculturel.

L’Icam est composé aujourd’hui de cinq sites en France (à Lille, à Nantes, à Toulouse, en Bretagne et en Vendée) et de trois sites à l’étranger (au Congo, au Cameroun et en Inde). En savoir plus...

Lire la plaquette de présentation de l'école...

Les activités de l’Icam se répartissent dans trois pôles :
- le pôle Enseignement supérieur, qui diplôme chaque année environ 600 ingénieurs généralistes, ayant suivi une formation de type Arts et Métiers renforcée d’une solide formation humaine ;

- le pôle Formation professionnelle, qui propose des parcours d’insertion ou progression professionnelle à environ 600 femmes et hommes chaque année ; une partie de ces femmes et hommes est en situation d’exclusion sociale et professionnelle ;

- le pôle Services entreprises, qui conduit chaque année environ 150 projets de recherche, recherche et développement, transfert de technologie, études et services.

L’Icam compte environ dix mille ingénieurs en activité, très attachés à leur école, dont la moyenne d’âge est d’environ 32 ans.

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

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