Grand Angle - Conférence des Grandes Ecoles

Grand Angle

La lettre d'information de la Conférence des Grandes Écoles

n°18
Mai 2011

Imprimer la page
Lettres d'informations précédentes
Marc Houalla, directeur de l'ENAC (École nationale de l'aviation civile)

Marc Houalla, directeur de l'ENAC (École nationale de l'aviation civile)

Marc Houalla, 50 ans, est né le 10 février 1961. Il est père de deux enfants.

Il est doublement diplômé de l’ENAC : il a suivi la formation d'Ingénieur ENAC (diplômé en 1985) et d'Ingénieur de l’Aviation civile, cycle d’application de l’X (diplômé en 1991). Parallèlement il suit un 3°cycle de gestion et obtient le MBA d’HEC.

Il débute sa carrière en 1985 en tant qu’ingénieur d’études à Transport Canada à Ottawa, puis en 1987 il rejoint la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), où il est successivement ingénieur chargé d’affaires au Service technique de la Navigation aérienne à Paris puis chef des départements technique et financier du Service d’exploitation de la formation aéronautique (SEFA) à Paris, puis à Muret (31). A cette époque, il intervient également comme professeur de contrôle de gestion à l’ESC Paris et de finances à HEC. De 1996 à 1998, il rejoint SOFREAVIA à Paris, (Société de conseil et d’ingénierie du transport aérien) en tant que consultant économique et financier. De retour à la DGAC en 1998, il est directeur des Opérations de la Direction de l’Aviation civile Sud (DAC/Sud) à Toulouse. En 2003, il prend la direction de l’aéroport de Marseille Provence. En 2005, il devient le premier chef du nouveau Service de la Navigation aérienne Sud Sud-Est à Marseille. En décembre 2006, il est nommé chef du SEFA. Avant sa fusion avec l’ENAC, le SEFA, était un service de la DGAC, assurant la formation de pilotes instructeurs avion et la formation pratique des élèves pilotes de ligne issus du concours organisé chaque année par l’ENAC.

Marc Houalla a été nommé directeur de l’ENAC le 5 novembre 2008.
De novembre 2008 à janvier 2011, il a cumulé cette fonction avec celle de chef du SEFA.

CGE : Vous êtes un enfant du sérail, quel regard portez-vous sur votre parcours à l’ENAC depuis votre formation initiale en 1985 et jusqu’à la direction de l’école aujourd’hui ?

M.H. : L’ENAC est une école que j’aime et que je connais bien ! Je présente la particularité d’en être diplômé deux fois ! En 1985 en tant d’ingénieur ENAC, puis en 1991 en tant qu’ingénieur de l’Aviation civile (cycle d’application de l’X). J’ai ensuite passé près de vingt années au sein de la Direction générale de l’Aviation civile ainsi que dans le secteur privé. Je sais ce que mon parcours professionnel doit à l’enseignement de l’ENAC et, de ce point de vue, je m’estime toujours redevable vis-à-vis de l’école que je dirige aujourd’hui. C’est donc avec beaucoup de fierté et de plaisir que j’ai retrouvé l’ENAC à la fin de l’année 2008.

Bien qu’éloigné de l’école pendant vingt ans j’avais le sentiment de suivre ses évolutions notamment en tant qu’employeur d’ingénieurs, de contrôleurs aériens ou de techniciens issus de l’école.

Or l’ENAC que j’ai retrouvée n’avait plus rien à voir avec celle que j’avais quittée ! L’ENAC de mes études était très tournée vers la satisfaction des besoins de son autorité de tutelle, la Direction générale de l’Aviation civile. Elle était très marquée et « très protégée » par cette appartenance. Vingt ans plus tard, j’ai retrouvé une école évoluant dans un environnement très différent, un environnement tout à la fois international et concurrentiel. De plus, l’ENAC avait triplé le nombre de ses élèves (2 000 aujourd’hui), quadruplé le nombre de ses formations et de ses activités de formation continue (7 500 stagiaires accueillis chaque année !). Malgré ces changements conséquents, j’ai aussi retrouvé une ENAC ayant préservé sa singularité, ses valeurs et son âme ! C’est heureux.

CGE : L’ENAC par sa qualité, sa structure et son positionnement présentent de nombreuses originalités. Que représente votre qualité de membre de la CGE et qu’attendez-vous des synergies qu’elle implique avec d’autres établissements ou plus généralement avec le monde de l’enseignement supérieur ?

M.H. :
Historiquement l’appartenance de l’ENAC à la Conférence des grandes écoles est due à nos formations ingénieur ENAC et ingénieur de l’Aviation civile (école d’application de l’Ecole polytechnique). Plus récemment, il y a une quinzaine d’années, la création des Mastères Spécialisés est venue renforcer nos liens avec la CGE.

Par rapport aux autres écoles d’ingénieurs membres de la CGE, les particularités de l’ENAC sont nombreuses. Il y a tout d’abord la grande diversité de ses formations : 25 programmes pédagogiques différents aujourd’hui. Chacun d’eux dispose de son propre mode et niveau de recrutement (de bac à bac+5), de son propre cursus pédagogique, de ses propres perspectives professionnelles. Ce sont des formations différentes mais très complémentaires, toutes tournées vers le secteur aéronautique qu’il soit public ou privé, français ou étranger. Des formations qui se répartissent dans 3 activités aéronautiques essentielles : l’ingénierie, la navigation aérienne, la formation au pilotage.

Le positionnement de l’ENAC est lui aussi original. En effet nos enseignements portent peu sur les domaines liés à la construction ou à la mécanique aéronautique ou spatiale, ces domaines sont parfaitement couverts par plusieurs autres écoles ou universités aéronautiques en France et dans le monde. Le domaine de l’ENAC est clairement celui de l’exploitation du système de transport aérien, qu’il s’agisse d’ingénieurs, de contrôleurs aériens, d’électroniciens, de pilotes de ligne ou de Mastères Spécialisés.

Un grand nombre de formations ENAC se trouvent en situation de compétition sur un marché européen. Notre appartenance à la CGE et au monde de l’enseignement supérieur nous confère un évident avantage concurrentiel en termes de qualité par rapport aux formations délivrées par nos concurrents. C’est d’ailleurs pour ces raisons de reconnaissance de la qualité de nos formations que nous sommes actuellement engagés dans la validation de quatre de nos formations à caractère professionnel : Ingénieur du contrôle, Ingénieur électronicien, Pilote de ligne et Technicien supérieur aéronautique, dans le cadre du système d’enseignement supérieur européen LMD.

Notre appartenance à la CGE favorise et facilite notre recherche de synergie à l’international. C’est ainsi que nous avons créé avec les Arts et Métiers ParisTech et l’ENSEIRB un nouveau label FRANCE AEROTECH destiné à faciliter la promotion de la formation d’ingénieur à la française dans le domaine aéronautique. Enfin, nous trouvons également beaucoup d’intérêt à participer aux groupes de travail de la CGE dont l’ensemble de nos formations tirent bénéfice.

CGE : La fusion en janvier 2011 de l’ENAC avec le SEFA (Service d’Exploitation de la Formation Aéronautique) vous confère la place de première école d’aviation européenne, quels sont les enjeux de ce nouveau statut ?

M.H. : Notre fusion avec le Service d’exploitation de la formation aéronautique (SEFA), service précédemment directement rattaché à la Direction générale de l’Aviation civile, est effective depuis le 1er janvier dernier. Une fusion dont il me plaît de souligner qu’elle se fait dans d’excellentes conditions d’acceptation tant du côté de l’ENAC que de celui de l'ex-SEFA. Cette fusion nous confère effectivement la position de première école européenne dans notre domaine. Cette situation est un atout, elle s’accompagne aussi d’exigences ! L’ENAC rassemble aujourd’hui des moyens humains, pédagogiques, matériels exceptionnels et notamment plus de 450 enseignants permanents. Aucune autre école aéronautique dans le monde ne dispose de moyens aussi importants, aussi variés et aussi complets Ces atouts permettent aujourd’hui à l’ENAC d’aborder dans les meilleures conditions les difficiles challenges internationaux qui sont les siens.

Contrairement à de nombreuses autres écoles qui se sont assez récemment tournées vers l’international, l’ENAC est internationale depuis sa création, une dimension en effet inscrite dans son acte de naissance, en 1949. L’ENAC est également internationale par appartenance, son domaine étant transfrontalier par nature. De fait, l’ENAC se prévaut aujourd’hui de plus de 12 000 anciens élèves ou stagiaires étrangers, des anciens qui se rencontrent dans une centaine de pays différents et sur les 5 continents.

L’expertise professionnelle reconnue de l’ENAC dans les domaines de la formation au pilotage et de la navigation aérienne constitue un avantage compétitif discriminant dont profitent les formations à l’ingénierie dispensées par l’école. Les activités de ce dernier domaine suscitent des demandes croissantes de partenariats industriels avec l’école tant au niveau des formations que de celui de la recherche. Réciproquement, l’interaction entre les formations au pilotage et les formations liées au contrôle des aéronefs est un facteur clef pour l’avenir du transport aérien et notamment pour l’amélioration continue de la sécurité. Très peu d’organismes disposent, dans le monde, de cette double compétence. Il est donc essentiel que celle-ci soit exploitée dès aujourd’hui pour faire de l’ENAC un précurseur mondial dans ce domaine. Ainsi, la conjugaison de la qualité reconnue de nos formations, de notre notoriété et des moyens dont nous disposons, nous conduisent à être la référence en Europe en ce qui concerne l’ingénierie du système du transport aérien, la formation au contrôle aérien et la formation au pilotage. C’est d’ailleurs pour répondre à cette ambition que l’ENAC et l’ex-SEFA ont fusionné.

CGE : Côté formation, recrutement, pôle de recherche et développement à l’international, quels sont les leviers prioritaires pour accentuer votre stratégie de leadership ?

M.H. : Nous avons défini l’an dernier un plan stratégique, ce travail de fond est actuellement complété par la définition d’un plan d’actions à court, moyen et long termes. Ces deux plans se complètent et s’organisent autour de nos trois grands domaines d’activités. Nous sommes partis du constat qu’au plan national nous bénéficions déjà d’une position de leadership dans deux de nos trois domaines : les formations liées à la navigation aérienne et celles relatives au pilotage avion. Dans ces deux domaines, et pour être synthétique, il s’agit pour nous d’occuper la position de leader européen. Nous avons tous les moyens pour réussir ce challenge. Dans ces deux domaines l’essentiel de nos efforts porte sur le développement de notre capacité à former en anglais, un plan de formation à l’anglais de l’ensemble de nos personnels est déjà lancé.

Concernant l’ingénierie nous avons naturellement la même volonté vis-à-vis de notre positionnement européen et international, mais la stratégie est plus complexe. Elle passe par quelques points clefs : le développement de formations avec des partenaires étrangers comme nous le faisons par exemple en Chine avec les universités de Tsinghua et de la CAUC (Civil Aviation University of China), l’amplification de nos activités de recherche au travers de partenariats avec des laboratoires de recherche et de l’industrie, la fédération des grandes écoles françaises et des universités qui souhaitent s’impliquer dans les programmes de recherche européen SESAR et Clean Sky, une plus grande proximité avec les entreprises (création d’un club entreprises et d’une fondation) et bien sûr la conclusion d’accords avec d’autres grandes écoles (cette recherche de synergies à débuté notamment dans le cadre de FRANCE AEROTECH) pour promouvoir la formation d’ingénieur à la française.

CGE : Les rapports humains et les liens sociaux sont des axes fondamentaux de votre personnalité. Quelles vertus vous semblent les plus porteuses dans le cadre de l’accueil d’étudiants étrangers dans vos promotions et quelle est l’ambition de l’école en ce sens ?

M.H. : Lorsque j’étais élève de l’ENAC l’école accueillait 7 à 800 élèves. Nous avions la chance de vivre au sein d’une petite communauté où tout le monde ou presque se connaissait. Aujourd’hui l’ENAC a changé d’échelle : plus d’élèves, plus d’étrangers venant du monde entier, une école d’ingénieur en Chine ! On s’aperçoit que les rapports humains et sociaux sont moins faciles lorsqu’une école grandit alors même qu’ils sont un élément déterminant et concurrentiel pour l’accueil d’étudiants étrangers ! Nous accordons donc une attention toute particulière aux conditions d’accueil et de vie de nos élèves en général et des étrangers en particulier. La mise au standard international de nos moyens d’hébergement (750 studios), l’installation d’un réseau wifi, la mise en place d’une signalétique et d’un espace d’accueil bilingue attestent par exemple de nos préoccupations dans ce domaine.

Au fil des ans ces aspects matériels, non directement pédagogiques, avaient été un peu délaissés. Nous nous sommes rendu compte que notre développement international risquait d’être freiné si nous ne proposions pas à nos élèves un environnement de vie de qualité. Nous venons de consacrer près de 50 M € à la rénovation de notre campus.

Enfin, dans une école très « melting pot » comme la nôtre et qui a naturellement tendance à se fractionner, nous nous attachons à favoriser la mixité, les échanges entre élèves de différentes formations, de différentes nationalités, de différentes cultures. Pour ce faire nous multiplions les lieux et les occasions de rencontre en nous appuyant beaucoup sur les activités sportives et culturelles. A cet égard nous avons une programmation culturelle particulièrement riche faite d’expositions, de concerts, de théâtre et même de cirque !

L’École nationale de l’aviation civile (ENAC), sous tutelle du ministre chargé de l'aviation civile, rassemble des activités de formation et de recherche en ingénierie aéronautique, navigation aérienne et pilotage avions. Son siège administratif et principal est à Toulouse (31). Elle est également implantée à Biscarrosse (40), Carcassonne et Castelnaudary (11), Grenoble (38), Melun (77), Montpellier (34), Muret (31), Saint-Auban (04) et Saint-Yan (71).

Chaque année l’ENAC accueille 2 000 élèves répartis dans 25 programmes de formation et 7 500 stagiaires au titre de la formation continue. Ses 12 000 anciens élèves étrangers, qui se rencontrent dans une centaine de pays et sur les 5 continents, attestent de son rayonnement international. Par sa dimension, ses moyens humains et pédagogiques, l'ENAC est aujourd’hui la première école aéronautique européenne.

École nationale de l’aviation civile
7, avenue Edouard Belin, BP 54005 - 31055 Toulouse cedex 4 - Tel : 05 62 17 40 00

CGE – Conférence des Grandes Écoles - 11 rue Carrier-Belleuse 75015 Paris
Tél. : 01 43 26 25 57 - Contact : info@cge.asso.fr - Site Internet : www.cge.asso.fr

Pour recevoir notre lettre d’information, inscrivez votre email ci-dessous :

Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique destiné à la gestion de la lettre d’information « Grand angle ». Les destinataires des données sont les membres du service communication de la CGE. Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant à CGE – Rédaction Grand Angle, 11, rue Carrier-Belleuse 75015 Paris.
Vous pouvez également, pour des motifs légitimes, vous opposer au traitement des données vous concernant.